|
Le productivisme
agricole, en Bretagne, s'illustre d'abord dans les chiffres
.
Ceux du remembrement: 200000 km de talus arasés, cinq fois
le tour de la terre. l'érosion des sols, l'envasement des
baies, l'inondation des villes d'estuaire ont été le premier
tribut payé au "progrès".
Sur les champs
dénudés, les engrais azotés ont alors été massivement utilisés,
provoquant à la fois les surproductions et la pollution des
nappes phréatiques.
Puis est venu le temps de l'élevage hors sol .
Sur nos 6% de la surface agricole française se sont concentrés
60 % de la production porcine, 40 % de la production de volailles
et 20 % de la production laitière.
Les 15 millions de porcs, 500 millions de volailles et 2 millions
de bovins produits chaque année engendrent une pollution organique
qui dépasse largement celle de 60 millions d'habitants .
Les taux records
de nitrates et les cocktails de pesticides ont fait des Bretons
les premiers consommateurs d'eau en bouteille.
Sur les plages, l'été, s'étale le vert des milliers de tonnes
d'algues qui y pourrissent, combinant leur odeur à celle du
lisier.
Nous pourrions aussi vous raconter les fraudes massives, la
complicité des administrations, des élus.
Nous pourrions
y ajouter les gares incendiées, les mairies dévastées, les
militants menacés.
Vous comprendrez alors notre révolte quand nous constatons
le travail de sape des lobbies à l'encontre de la loi sur
l'eau déposée par Dominique Voynet....
Gérard Borvon
président des verts de Bretagne
|
|
Les
associations Eau et Rivières de Bretagne et Bretagne
Vivante interpellent les parlementaires
|
( Ouest
France samedi 15 décembre ) à
propos du projet de loi sur l'eau qui doit prochainement être
voté, leur demandent de ne pas céder aux pressions qui viseraient
à vider le projet de la loi.
"Vous n'ignorez pas les Impacts
et les coûts qui résultent, pour notre région, de la dégradation
de la qualité de la ressource en eau, écrivent Eau et rivières
et Bretagne vivante aux parlementaires bretons. Cette situation
est de plus an plus mal vécue !
par les citoyens et les consommateurs qui sont contraints
de financer toujours
davantage des plans qui n'ont
de reconquête de la qualité
que le nom."
Une rafale
d'amendements
Les deux associations rappellent que plusieurs rapports officiels
ont été réalisés ces derniers mois."Tous mettent an
cause la politique de l'eau menée ces dernières années dans
notre pays et plus particulièrement en Bretagne... Ces critiques
rejoignent les condamnations prononcées à l'encontre de l'état,
tant par la Cour européenne de justice que par le tribunal
administratif de Rennes." Pour les associations,
le projet de loi qui est soumis aux parlementaires doit permettre
" de transposer en droit Interne la directive du 23 octobre
2000 pour une politique communautaire de l'eau; de renforcer
la transparence, la démocratie, et la solidarité dans le service
public de l'eau; de mieux appliquer le principe pollueur-payeur;
d'améliorer l'exercice de la police de l'eau." Les
deux associations remarquent cependant: "Alors même
que ce projet constitue déjà un compromis, des organisations
agricoles nationales viennent de proposer une rafale d'amendements,
dont l'objectif évident est de vider le projet de la loi de
sa substance. Rien que sur le projet de création d'une redevance
excédents d'azote, pas moins de dix amendements ont été imaginés
! S'ils étaient adoptés, ces amendements maintiendraient la
situation actuelle qui place au même plan les pratiques les
plus polluantes et les plus performantes, et qui décourage
les comportements positifs !Ils prolongeraient l'"inéquité"
actuelle qui fait peser sur les consommateurs l'essentiel
du financement de la politique de l'eau !" Eau et rivières
et Bretagne vivante demandent aux parlementaires "de ne pas
céder aux pressions corporatistes et de défendre l'intérêt
collectif des consommateurs, tant lors de l'étude du projet,
dès lundi 17décembre, par la commission de la production et
des échanges de l'Assemblée nationale, que lors de l'examen
en séance publique, début janvier".
|