Les cochons de Plougonver interpellent le président du comité de bassin du Leguer .
Réactions du maire de Lannion, de son adjoint
Lettre ouverte aux élus
Vos réactions dans le forum S-eau-S


Dernière nouvelle juillet 2000 : le tribunal administratif de Rennes a rejeté la demande de sursis à exécution demande par l'association "Bien Vivre à Plougonver" . L'élevage porcin de 1399 places pourra donc se construire !

Qui a parlé de surproduction, de pollution ... ?


(12/3/2000), le comité départemental d'hygiène, après avoir refuse
le projet pour la deuxième fois, a accepté le nouveau projet parce qu'il se fera sur paille à 80 % .
La préfecture devrait se déclarer pour, car comme le font remarquer les opposants, le préfet accepte tous les projets accrédités par la commission départementale d'hygiène . Nous attendons maintenant cet avis .

Ainsi malgré toute la détermination du collectif contre la porcherie, un accord fut passé entre Gilles Huet permanent d'eaux et rivières et Jean David, président de l'association de la vallée du Leguer et de la communauté de communes de Belle Isle . C'est là qu'est située la Maison de la Rivière, de l'association . Tous les seux ont estimé que l'élevage porcin de Plougonver pouvait se réaliser .

L'association d'opposants a été mise devant le fait accompli . Le projet n'était pas à l'ordre du jour officiel de cette commission d'hygiène et fut pourtant accepté . Les opposants furent prévenu la veille par Gilles Huet . Le projet fut accepté sans nouvelle enquête d'utilité publique .

Cette décision fait l'objet de profonds remous au sein de l'association Eaux et Rivieres . Car en effet, pour le bassin du Leguer concerné par cette porcherie, aucun document officiel ne signale le classement du bassin en ZES (Zone d'exédents structurels) depuis 1994 . A cette époque il flirtait déja avec le seuil maximal . Par ailleurs, après seulement 3 mois l'association Eaux Et Rivieres s'est retirée du Comité de Bassin

Ce comité de bassin fut mis sur pied il y a un an . Celui-ci, malgré qu'il cautionne les créations et extensions d'élevages à tour de bras, a obtenu déja deux trophées (bassin ouest, Ecomaires) pour ses actions remarquables .

Vu les problèmes graves qui agittent le milieu agricole en ce moment pour des raisons majeures de surproduction de porcs et de volaille, il devient illogique, sinon irresponsable d'autoriser ce nouvel élevage . Ce n'est plus seulement une question d'environnement, mais aussi un problème économique majeur . Tous les syndicats, même la FNSEA, étaient d'accord, lors de la dernière crise du porc : il faut maitriser les productions pour permettre à tous de vivre et de surmonter les crises, de plus en plus cycliques . Cela veut dire qu'il faut bien commencer un jour à stopper tout nouvel élevage , ensuite à établir des quotas comme pour le lait et surtout nous engager sur de nouvelles voies, pour une agriculture rurale durable .

Monsieur le préfet, vous seriez bien avisé de refuser ce projet qui concerne la population rurale dans son ensemble ainsi que tous les consommateurs d'eau du bassin du Leguer .

Faute de quoi, la solidarité citoyenne que nous vous devons en tant que médiateur de la république, en sera très affectée .
Alors, à défaut de favoriser la démocratie directe, intervenez pour que cesse cette monoculture outrageuse et sous perfusion qui mènent jour après jour, les agriculteurs bretons à la faillite .

A Lannion
le 12/3/2000


.

Voici le compte rendu du journal Ouest-France lundi 25 octobre 99

"Ils pratiquent l'humour offensif, les militants du collectif Bien vivre à Plougonver .
Déjà , le 15 août, travestis en cochons, ils avaient médiatisé une opération
de ramassage d'algues vertes sur la plage de Saint-Michel-en-Grève.
Des algues qu'ils avaient ensuite répandues devant la sous-préfecture
de Lannion et sur le site du projet de porcherie Industrielle de leur commune.
C'était un retour à l'envoyeur, en quelque sorte, expliquent-ils.
Dimanche après-midi, après un détour par une volière destinée
à recueillir les bouteilles de plastique usagées, a Plounévez-Moédec,
les mêmes, hommes, femmes, enfants, jeunes ou anciens, ont investi
les marches de la mairie de Lannion.
Surtout, Ils ont tressé tout autour une guirlande constituée de centaines
de bouteilles d'eau minérale.

Leur message: "
Voilà, on vous ramène les bouteilles que l'on est obligé de boire
à cause de vos décisions
».
Leur cible, est cette fois : Le comité de bassin versant du Léguer .

Incompréhension
Ce comité, qui regroupe notamment les communes situées autour de la rivière,
la chambre d'Agriculture ou les collectivités territoriales,
a son siège à la mairie de Lannion.
Il a décidé d'Investir 15 millions de francs sur cinq ans
pour la reconquête de la qualité de l’eau ».
Seulement voilà: la cellule mise en place ces derniers mois par le comité,
pour évaluer le niveau de pollution des installations classées,
a rendu un avis favorable sur le projet de Plougonver.

D'où le courroux du collectif et son action à Lannion.
On a du mal à croire que ces gens-là sont venus sur le terrain,
soulignent ses militants. Sinon, ils auraient vu que le plan d'épandage
n'est pas bon, que l'étude d'impact n'est pas correcte.
Nous, avec nos bottes, on a vu que l'épandage était proche
de zones humides ou de cours d'eau . Notre région n'est pas encore en ZES,
Zone d'excédents Structurels de nitrates . Il faut la préserver .

L'avis favorable de la cellule les surprend donc, d'autant qu'il a déterminé
la position de certaines communes.
« On ne comprend pas pourquoi le comité de bassin versant défend publiquement
un tel projet alors qu'il est censé s'occuper de qualité de l'eau.
D'ailleurs, la DDASS s'est prononcée défa-vorablement
» .
Aujourd'hui, pour les « cochons de Plougonver ", l'échéance se rapproche.
Le dossier passera en effet devant le Comité départemental d'hygiène, vendredi,
à Saint-Brieuc. En général, le préfet suit l'avis de cette instance...


Réaction des responsables

Réactions des élus : Après la manifestation de dimanche, voici les (brèves) réactions
(Ouest France 27/10
du député maire de Lannion, Alain Gouriou
et de son adjoint, Berrivin, président du comité de bassin du Léguer
(cellule intercommunale, créée en 97, chargée de la reconquête
de la qualité de l'eau sur le bassin du Leguer, 27 communes ) .

Tout d'abord Mr Berrivin affirme qu'"il n'est pas question
de se substituer aux communes du bassin versant du Leguer,
un malentendu existe sur le rôle de la cellule d'accompagnement
de projet dans des sites classés le long du Leguer
"

Le maire de Lannion souhaite "ne pas "stériliser" l'activité
des jeunes agriculteurs . Il faut éviter dans les modifications
de plan d'occupation des sols qu'un habitat semi-urbain vienne
s'installer dans le voisinage d'une exploitation agricole
"


Lettre ouverte aux élus ::

En bref, la cellule de bassin chargée de la reconquête
de qualité de l'eau n'a pas son mot à dire dans les nombreuses
créations, extensions d'élevages ou autres remembrements continuels
Alors que le taux de nitrates atteint presque les 50mg/l, et que
d'autres produits comme l'atrazine, dépassent 10 fois la norme
dans l'eau du robinet, que les marchés saturent, en ce moment même,
encore une nouvelle fois on puisse laisser un nombre indéfini
d'agriculteurs s'engager dans des élevages concentrationnaires .

Connaissez vous la parabole de la baignoire qui déborde, Mr Berrivin ?

Votre façon de gérer le projet Leguer avec 15MF
de nos contributions, s'apparente à la méthode pour régler le problème de
la baignoire qui déborde .
En effet quand elle déborde, on peut passer beaucoup
de temps et d'argent, à savoir si elle a été bien conçue;
on peut engager des études à ce sujet, faire appel à des spécialistes,
ca "arrose" l'économie locale .
Et puis le temps passe, le parquet prend l'eau, les voisins se déchainent,
alors on présente comme une solution miracle de commencer
à suggérer l'usage de la serpillière (surtout prévenir les médias
pour justifier cette énergie) . Et puis plus tard, on se rend compte
qu'une serpillière ne suffit pas et qu'il en faudrait plusieurs
et de meilleure qualité et donc largement plus cher,
tout ca fait encore profiter l'économie locale etc ...

Et puis il faut se rendre enfin à l'évidence
qu'il faut se résoudre à fermer le robinet .
Voici, imagée, votre façon de règler le problème .

Quel est votre avis sur la création des nouveaux élevages ?

Alors si vous prétendez travailler pour la qualité de l'eau,
donnez au moins votre avis sur toutes ces créations d'élevages et autres atteintes
au patrimoine qui se poursuivent sans relâche .
Si vous n'avez aucune objection à faire, que faites vous à ce poste ?
Vous reniez totalement la mission du comité de bassin .
Votre comité ne serait-il qu'un simple "rideau de fumée" pour aspirer
et repartir des suventions



Face à ce problème global d'environnement, Le Maire de Lannion
fuit le débat, en faisant le procès d'une famille rurale qui n'aurait pas
du acheter son habitation près d'un agriculteur . Celui-ci n'avait pas encore
d'élevage . Il philosophe sur l' habitat semi-urbains où les agriculteurs
devrait être ou pas .
La remarque est relativement déplacée, à la limite de l'ingérence en milieu rural .
Car une agriculture non polluante et durable existe et peut très bien
cohabiter avec des habitations .

Si vous voulez jouer au grand planificateur en aménagement rural,
commencez par faire cesser toutes ces créations d'élevage industriels
sur le bassin du Léguer .

Les "cochons de Plougonver" vous montrent du doigt parce que,
de par votre poste de député d'arrondissement, vous vous devez
d'émettre vos impressions et d'agir contre la prolifération
des nouveaux élevages sur le bassin du Leguer, en premier lieu .
C'est la qualité de l'eau de la population Lannionnaise, de Perros, Plouaret,
qui est en jeu .

A trop voir innéluctable, l'exode des ruraux vers les villes,
vous en venez à devenir son ardent accompagnateur et l'un de ses apôtres .
Merci pour la population rurale qui se bat pour éviter de faire du monde rural
un désert, au seul profit des lobbyes agro-industriels .

Jacques Herrou
29/10/99