Reconquête de l'eau dans le Trégor ?
(aout 98)
Nos élus sont devenus irresponsables ?
Ils continuent à accepter les créations ou extensions d'élevage lors des conseils municipaux !
Alors qu'en ce moment, le marché du porc arrive à son cours le plus bas, que les stocks européens de porc sont hypersaturés, que la concurrence de l'Europe de l'ouest s'affirme, les lobbyes porcins aidés en cela par des élus, persistent encore à encourager la surproduction ....
C'est ce qui se passe en ce début de juillet 98 dans notre pays du Trégor, resté jusqu'à présent encore à l'abri du trop plein d'élevage .
Sachez que les directives départementales des Côtes de Porc, oup! ... des Côtes d'Armor, veulent répartir la pollution équitablement sur l'ensemble du territoire . Et quand ça ira mal, il faudra être solidaire des paysans qui déverseront leur lisier sur les routes et autres sous-préfectures . Nos élus en acceptant ces nouveaux élevages croient aider un agriculteur à s'installer, en fait vu les stocks saturés en porc, c'est le feu vert pour le casse-pipe !
Dans le Trégor les ruisseaux continuent leur progression constante vers les 50 mg de nitrates, certains les dépassent depuis longtemps .
L "omniprésence" des algues vertes sur la "célèbre" baie de Saint Michel en Grève, comme sur la plupart des plages, nuit à la population .
C'est justement sur les bassins versants arrivant à la baie, qu'un élevage de près de 1000 têtes va se contruire, à Lanvellec !
Les élus ( Lanvellec, Vieux-Marché, Plufur, Plouaret ...) ont donné le feu vert à la création d'un élevage industriel, d'autres vont les suivre !
Le pays Trégorois doit se battre pour refuser l'inévitable, un pays à jamais démembré et défiguré, qui lui fera perdre ce qui fait l'authenticité et la spécificité de son bocage, et la qualité de vie à la campagne .
Vivendi nous vend notre eau
Comme le révèle un article du Canard Enchaîné du 1er juillet, Vivandi, alias la Compagnie Générale des Eaux, sollicitait ardemment une entrevue avec le quotidien Ouest France .
Pour quelle raison ?
Vivandi est en train de soigner sa nouvelle image de marque, le terme "Compagnie Générale des Eaux" étant devenu trop négatif . ( voir les procès gagnés par les consommateurs des Côtes d'Armor cpntre la CGE pour une distribution d'eau supérieure à 50 mg de nitrates/litre pendant quelques mois ) .
En outre, les revues de consommateurs dénoncent le coût de l'eau au robinet largement supérieurs à ceux gerés directement par les municipalités . Elle est en moyenne de 14f pour l'eau en gestion municipale et de 18f en gestion privée, CGE, Lyonnaise et la SAUR, filiale de Bouyghes ( Que choisir sept 98 ) .
Cela s'explique par une pratique largement répandue de dessous de table aux élus, plusieurs affaires de corruptions furent ainsi révélées . Ces arroseurs savent arroser aussi bien à gauche qu'à doite . Les ( longs ) contrats ( 10 ans en moyenne ) sont reconduits généralement sans opposition dans les conseils municipaux, complices de ces compagnies privées...
Et donc, le quotidien Ouest-France vient de consacrer un dossier sur l'eau et la pollution, juste après la connaissance des directives du ministre de l'environnement et de l'agriculture . Et pour clore le dossier, une interview du directeur de la CGE, filiale "eaux" du groupe Vivendi !
C'est justement après que les écolos aient manifesté en juin à Binic qui doit accueillir une usine de dénitrification, fournie par la CGE, que cette société vient apporter la bonne nouvelle :
"pour la qualité de l'eau il faut traiter le plus en amont, mieux utiliser les engrais, les pesticides, régler le problème des lisiers qu'il faut traiter autrement que par l'épandage, peut être avec des centres de traitements couplés ou non avec la destruction d'autres déchets ( Vivendi a aussi une filiale incinération ) ."
Sur ces voeux pieux, il termine : "le problème est de savoir comment l'effort doit être réparti entre le producteur et le consommateur .... " .
La solution du problème est dans la question, camarade !
"ENTRE le producteur et le consommateur " .
Il faut diminuer les profits des firmes d'engrais et d'aliments, des distributeurs, des transformateurs, et ... des vendeurs de stations de dénitrification . Pour le reste, il faut plutôt faire confiance aux militants qui ne vous ont pas attendu pour travailler à une autre agriculture, respectueuse de l'environnement, et de l'assiette et de la qualité de vie des citoyens .